AU PROGRAMME:
Au bord du lac de Patrick Bokanowski
(France 2002, 16mm, 6', couleur, sonore)
Ce que nous voyons «au bord du lac», c'est ce que nous aurions tous pu filmer en nous promenant, un dimanche ensoleillé, dans un parc, près d'un bois, au bord d'une rivière: des canotiers, une partie de ballon, des cyclistes, des enfants sur la pelouse, des cavaliers…Mais ces activités familières, agréables, ludiques, filmées avec simplicité, sont transmuées par déformation optique (grâce aussi à la musique et aux boucles de montage) en un spectacle étrange. Des formes colorées se diluent, se dispersent en goutelettes, se compriment ou s'étirent, se détendent comme des ressorts. Il n'y a pas d'histoire au sens où on l'entend habituellement, mais une dynamique d'hybridation (du cinéma et de l'effet de la peinture, du quotidien et du fantastique) riche en suspense et en rebondissements.
Rencontre avec Franck de Isabelle Blanche
(France 2001, Super 8, 3'30'', n&b, muet)
Avec Franck Jazédé.
"Le visage désarticulé, barré de Franck, n'a pas de regard, seulement des orifices et des excroissances aux fonctions mal définies, indécidables.
C'est une humanité de la chair qui s'oppose à une humanité de l'organe" G. Pelé.
«Ici, le titre est un précieux indicateur de lisibilité. Scintillement des corps comme irradiés par l'émotion de la rencontre. Pourtant, la nudité est minimale. L'écran coupé en son milieu, n'arrive pas à séparer vraiment la fusion des corps qui se cherchent. On appelle cela, le désir.» Elisabeth Jenny
Oversight de Gérard Caraischi 
(France/ Japon 2001, mini DV, 12'16, couleur, sonore)
"OVERSIGHT" est un voyage poétique à l'intérieur de la peinture d'estampes. Sans jamais citer d'œuvres précises , les images en jouent les motifs et les thèmes. Un ensemble de représentations où lignes, couleurs et signes nous immergent dans la matière même d'images d'un monde flottant.
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REGARD DE PIERRE de Pierre Yves Cruaud
2002 France, 6'15
Un parcours s'organise autour de la recherche d'une image matricielle. Le film évoque la difficulté que nous avons à rendre compte de l'articulation d'une pensée lorsqu'elle échappe à son cadre d'expression.
Logomagie de Frédérique Devaux
(France, 1997, 16mm, 4'20'', couleur, sonore)
Télescopage d'images, arrêt et départ des vues, strates diverses d'intervention, décadrages, formats variés (8 mm, super 8 mm, 16 mm…) …. Images brouillées, flashs de couleurs et de lumières. Crépitements de visions. Visions et dérisions sur la vie même de l'auteur filmée en super 8 et incrustée aux côtés d'images de Zorro ou de vues porno, dans des photogramme 16 mm sans aucun style.
Plus calme, le son tel une autre couche de mémoire, égrène des chansonnettes connues de tous. Quelques choses se jouent ainsi dans le contraste contrapuntique image et son. Jeux d'illusions: les plans travaillés à la tireuse sont relus par des manipulations plastiques et techniques, qui les relient aux signes optiques. M.Amarger «Les chansons sifflées de Logomagie de Frédérique Devaux (1997) sont (…) au principe d'un cinéma de la réminiscence, fait d'images anonymes et de films de familles recollés sur de la pellicule, et qui retrouvent ainsi leur vitalité» Xavier Baert, Cahiers du cinéma, avril 2000
«Logomagie est une étude sur le défilement (…) Les pellicules superposées jouent le rôle de caches entre elles, proposant une analyse réflexive du film. (…) espaces opaques et transparents délimitent des aspects de l'image qu'ils recouvrent, sélectionnant ainsi des motifs, des textures et des mouvements» Vincent Deville et Pip Chodorov.
Memosium de Louis Dupond
(France, 2002, Super 8, 6'40, couleur / n&b, sonore)
MEMOSIUM, «un Nosfératu moderne et halluciné», s'articule comme un concerto en trois mouvements. La caméra, le corps et l'espace y ont chacun leur tempo mais ces trois mouvements sont joués simultanément. Le récit semble amnésique de ses plans et du personnage. Les évènements se réitèrent infiniment. On est dans un temps de répétition. Ainsi, tout semble recommencer accentué par la disposition circulaire de l'espace. Prisonnier de sa mémoire. Par ailleurs, l'accélération et la multiplication géométrique du mouvement, la complexité des activités du personnage, leur découpage mathématique et le réarrangement infini du corps donnent au spectateur une nouvelle conscience du temps, sans limites imparties. Seule la fuite ( la mort?) peut permettre d'échapper à ce temps carcéral.
Souvenir l'œil de Denis Guéguin
(France, 1999, vidéo, durée de l'extrait: 12', couleur, sonore)
«Souvenir l'œil» se situe entre le journal intime et une réflexion visuelle autour de la naissance. Sous le signe d'un voyage en train durant lequel je m'endors, le film est dans «la zone» entre rêve et réalité. Mais ce n'est pas tant un voyage qu'un recueillement dans une région intime et sensorielle, un état d'avant la naissance, d'avant les images.
Narcissisme, hédonisme, rêverie sont les facettes lumineuses de cette vanité moderne qui ressasse obsession de mort, fantasme de dédoublement, et peur de «quitter l'île»…
Notes on the circus de Jonas Mekas
(Etats Unis, 1966, 16mm, 12', couleur, sonore)
Ringling Bros….filmé en 1966, périodes (cirque à 3 pistes), couleurs, mouvements et mémoires d'un cirque. Monté dans la caméra (un exercice de structuration instantanée). Musique par la jug band de Jim Kweskin (on peut aussi le regarder silencieusement).Dédier à Kenneth Anger qui m'a fourni une provision de films Ektachrome dans l'un de mes moments difficiles. J.Mekas.
De Jonas Mekas, sur ce site, lire le texte "Manifeste contre le centenaire du cinéma" en cliquant ici.
Rue des petites Marie de Laurence Rebouillon
(France, 2003, 35mm, 12', couleur / n&b, sonore)
Les villes bombardées gardent en leurs murs les traces de la défaite. Johan, hanté par ses souvenirs, revient dans le quartier de son enfance à Marseille. Là, son jeune amant lui propose une nouvelle forme de lutte: danser dehors.
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DA LONTANO de Santini Maura
2002 Italie 7'
De loin en loin viennent des images, d'un passé presque oublié ou si lointain qu'il ne nous appartient plus, de lieux inconnus, ou de temps futurs se révélant aux yeux fatigués des voyageurs endormis. Un homme et une femme, peut-être s'agit-il d'un adieu. Leurs pleurs se changent en voix dont les mots ne semblent pas exister assez longtemps. Ils se cachent et apparaissent, parfois, derrière les vitres, dans un reflet…
Véloce de Colas Ricard
(France, 2003, Super 8 ou mini DV, 3', n&b, sonore)
Une succession de gros plans filmé en Super-8: une bicyclette, posée à l'envers et éclairée avec un halogène; la roue qui tourne, la pédale, la chaîne …
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En présence de Laurence Rebouillon et Denis Guéguin.
Laurence Rebouillon
Née à Marseille en 1966. Elle obtient en 1992 un DEA d'études cinématographiques et audiovisuelles sous la direction de Nicole Brenez à l'université d'Aix-Marseille. Au même moment, elle réalise son premier court métrage 3X3, un triptyque en 16 mm. Dès 1996 avec Quand la mer débordait, film primé au Festival du film en plein air de Grenoble, remarqué au festival Bande à Part de Châteauroux et diffusé au Cercle de minuit de Laure Adler, elle opte pour le médium Super 8. Pour leur projection, elle les transfère en 16 mm ou 35 mm. Infographiste à la télévision (TF1, Eurosport) elle travaille également comme critique de films à l'Avant Scène Cinéma et comme assistante à la réalisation sur notamment une série de courts métrages pour le Musée de la Mode de Kobe au Japon. Elle conçoit des installations pour les spectacles du Collectif de danseurs Ex Nihilo. Collectif avec lequel elle réalise Rue des Petites Maries, remarqué dans de nombreux festivals nationaux et internationaux. Elle est assistante à la mise en scène d'Isabelle Ronayette, comédienne, alter ego de ses films dès 1997 au Conservatoire d'Art Dramatique de Paris et depuis 1999 sur les créations produites par la Cie LRIR pour les scènes nationales de Paris, Poitiers, Angoulême, Toulouse. En 2000, elle réalise Le Sourire d'Alice, moyen métrage primé au Festival Côté Court de Pantin et diffusé sur Arte dans l'émission Court Circuit. La même année, elle participe à la création de la société de productions Les Productions Aléatoires, avec Bernard Cerf et Philippe Lebret, pour que des réalisateurs de films expérimentaux et différents, obtiennent des visas d'exploitation et prétendent à des aides auprès du CNC. En mars 2005, elle est élue présidente du Collectif Jeune Cinéma.
Denis Guéguin
Né en 1961 à Paris. À la Sorbonne Nouvelle, il obtient une Licence d'Études Cinématographiques à Paris III en 1985 et une Licence d'Etudes Théâtrales en 1984. Autodidacte de la vidéo, ses premiers essais ont pour inspiration l'opéra. Il obtient en 1988 un prix pour le scénario de court-métrage intitulé «La Bonne Fessée», co-produit et diffusé sur Canal+. Il expose des séries de «captures vidéo»: Ombre électrique au festival VidéoFormes de Clermont-ferrand en 1994. En 1996, Trafics, exposition collective à l'Usine LU de Nantes et en 1997 Le collage, art de la mutation, exposition collective CICV Pierre Schaeffer. En 1997, il retourne au film vidéo Le Temps Fondant soutenu par la Délégation aux Arts Plastiques. En 1999 il présente Souvenir l'œil une exposition / projection à VidéoFormes. Depuis 1997, Il réalise des vidéos qui font partie intégrante de spectacles vivants: L'hypothèse de Robert Pinget, mise en scène de Clyde Chabot. Copi, un Portrait mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo. Macbeth , Le Songe d'une nuit d'été, Mort à Venise, Ubu Rex mise en scène de Krzysztof Warlikowski. En 2000/2001, il intervient comme vidéaste dans un atelier théâtre/vidéo au Centre Pénitentiaire de Femmes de Rennes qui aboutit a deux spectacles: J'étais dans ma maison… de Jean-Luc Lagarce et Voir et être vu de Botho Strauss. En 2000 il présente 1 Monologue X 5 d'après le texte théâtral de Grégory Motton pour le festival Nous n'irons pas à Avignon. Il réalise en 2002, Miroirs obscurs et son premier documentaire Max, portrait d'un octogénaire en jeune chien. Denis Guéguin est membre du Pôle Transmission et sensibilisation du Collectif Jeune Cinéma.
VENEZ NOMBREUX.
La discussion se prolongera autour d'un verre amical.